Planche de l’Orateur 05.02.6009 

Vénérable Maître en Chaire, dignitaires qui décorez l’Orient et vous tous mes dignes et bien-aimés FF, 

Nous avons entendu la planche du Frère M.R. sur la tolérance et la fraternité. 

Nous sommes éduqués, en tant que Franc-Maçons héritiers des Lumières, à comprendre, à appréhender le monde dans le prisme de la tolérance et de la fraternité, sentiments aujourd’hui encore si méprisés de par le monde. Non, mes FF, les Lumières n’ont pas encore gagné ce monde de ténèbres !

La tolérance et la fraternité, nous devons les prodiguer non seulement au monde profane, mais aussi au monde maçonnique, à tous les francs-maçons de la Terre, nous devons cultiver ces sentiments faits de respect, d’honnêteté et de partage avec tous. Cela implique aussi que les grandes structures maçonniques comme les obédiences fassent preuve entre elles de tolérance et de fraternité, comme les loges de l’Alpina entre elles, les FF entre eux dans un Atelier et finalement le F avec lui-même, qui doit essayer de pratiquer, pour lui-même, la tolérance et la fraternité. Nous avons tous commis des erreurs dans notre vie, mais avons-nous été pour nous-mêmes tolérants et fraternels ? 

Chacun connaît la réponse à apporter à cette question, et chacun comprend que le chemin est encore long vers la lumière. 

« Deviens ce que tu es », a dit Nietzsche, c’est-à-dire que nous trouvons en miroir le « Connaîs-toi toi-même » de Socrate. 

Entre Nietzsche et Socrate se trouvent les Toltèques, une nation amérindienne dont les écrits sont parvenus jusqu’à nous. 

Les Toltèques, dont le nom désigne « maîtres bâtisseurs », étaient un peuple qui vécut surtout entre 1000 et 1300 après Jésus-Christ autour de leur capitale Tula près de Teotihuacán au Mexique. Les Aztèques se voudront leurs successeurs. Les Toltèques ont pour origine un peuple nomade qui regroupait aussi les ancêtres des Chichimèques. 

Les Toltèques ont aussi cultivé les sentiments de tolérance et de fraternité, nous le savons par le texte qui s’appelle :

Les quatre accords toltèques 

Que votre parole soit impeccable 

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire sur autrui. 

Ne réagissez à rien de façon personnelle 

Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. 

Ne faites aucune supposition 

Ayez le courage de poser des questions et d’exposer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames. A lui seul cet accord peut transformer votre vie. 

Faites toujours de votre mieux 

Votre « mieux » change d’instant  en instant, quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets. 

Ainsi, la sagesse du monde, de Socrate à Nietzsche  en passant par les Toltèques, cette sagesse commande de pratiquer la tolérance et la fraternité. 

Nous, francs-maçons, saurons-nous mériter cette sagesse millénaire ?

J’ai dit, Vénérable Maître. 

 

 

 

JCB

F.·. O.·.

 

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Planche de l’O.·. du 22.11.2007 - Qu’évoque pour nous la mort d’Hiram ?

Nous nous sommes réunis entre FF.·. MM.·. le samedi 6 octobre dernier, cette rencontre était consacrée au travail. Travail dont le thème était «  la mort d’Hiram : qu’évoque-t-elle pour vous ? ». Il est très rare de travailler entre FF.·.MM.·., et les points communs que nous avons entre nous sont les thèmes d’instruction par lesquels nous sommes passés, mais également les symboles initiatiques dont nous tirons nos enseignements. Il me semblait important de partir de notre dernière expérience commune, celle qui nous permet de comprendre les conditions de notre élévation. De comprendre la transformation, voire même notre métamorphose en un nouvel être promu à la spiritualité. Quelques lignes guidaient les FF.·. dans leur quête du mystère du meurtre d’Hiram, elles n’étaient qu’un fil conducteur. Ou plutôt une corde, un lien d’union posé entre nous afin de focaliser nos pensées et communier avant la rencontre, une rencontre abstraite, spirituelle avant d’être celle du verbe et de la plume. Cette corde, assimilée à un élément symbolique de l’ascension commune, est celle de la concentration par la méditation.

Ma planche gravée est la quintessence du travail du groupe présent ce jour-là. Sans doute est-ce ici un pâle reflet de nos discussions et de notre travail, tant celui-ci était dense et riche en interventions. Je suis aujourd’hui un messager, un écrivain public qui a reçu la matière, les outils, la force et la lumière de ses FF.·.. Les entrelacs de la corde ont pris des formes dont on peut dégager les pôles symboliques de la renaissance traditionnelle.

Rappelons-nous l’histoire d’Hiram !

Hiram (ou encore Huram Abi), envoyé par Hiram Ier (lui aussi cité dans la bible : 2 Samuel 5:11 and 1 Rois 5:1-10), roi de Tyr, apparaît, dans l\'histoire biblique, sous le règne de Salomon, roi d\'Israël et fils de David. La Bible précise qu\'il est « le fils d\'une veuve de la tribu de Nephthali ». L\'absence de père semble récurrente dans les mythologies et les religions. Ainsi, Horus est le fils posthume d\'Osiris. Pas de présence paternelle non plus dans l\'histoire de Krishna, Mithra, Sargon ou Moïse. De même, Anne, la mère de Marie, est veuve et stérile. Elle bénéficie d\'une intervention divine pour concevoir la mère du Christ. En terme de psychanalyse, la figure du père inhibe : elle représente la loi, la domination des forces instinctives et l\'autorité traditionnelle. Privés de père, les « fils de veuve » (ou de vierge) sont des novateurs; ils représentent les forces nouvelles du changement.

Ainsi donc, le nom d’Hiram est évoqué dans la Bible (I Rois, 7:13-14) comme étant un spécialiste du travail du bronze, « rempli de sagesse, d\'intelligence et de connaissance », il s\'occupa, à la demande de Salomon, de la décoration du Temple (« la maison de l\'Éternel »). Il moula les deux colonnes avec leur chapiteau et dressa Yakîn (ou Jakin, la colonne de droite) et Boaz (ou Bohaz, celle de gauche) près du vestibule du Temple. Il conçut également dix cuves qui reposaient sur des bases aux montants sculptés ; douze bœufs qui soutenaient une Mer de fonte; des chaudrons et des calices. Ce temple fut détruit par l\'armée des Chaldéens et le bronze fut emporté à Babylone.

Dans le chapitre biblique des Chroniques (Chroniques 2:13-14), Hiram est appelé « Houram-Abi ». Abi ou Abif qui signifie le père eu encore le Maître Artisan. Ce qui le distingue surtout du roi Hiram 1er. Nous F.’.M.’. le reconnaissons comme notre père au sens spirituel, mais aussi comme Maître Artisan, car c’est notre Maître. Et qu’est-ce la F.’.M.’., sinon de l’artisanat très particulier où chaque détail, chaque pierre prend sa place pour atteindre l’art sublimé dans le Grand Ouvre !

Dans son livre « Maître Hiram et le roi Salomon », Christian Jacq, en se référant à cette partie de la bible précise qu’Hiram Abi est fils d’une femme d’entre les filles de Dan et d’un père Tyrien. Il dit aussi que les filles de Dan étaient d’origine égyptienne, c’est pourquoi Hiram aurait appris, auprès d exigeants Maîtres égyptiens, les secrets du métier, en allant de Temple en Temple. En plus du travail de l’or, de l’argent, du bronze, du fer de la pierre, du bois, des couleurs et des tissus, il aurait également acquis les techniques de levage utilisés par les bâtisseurs de pyramide et d’obélisques. Il pouvait également s’attaquer à n’importe quel plan et organiser la construction. Un artisan talentueux ayant des dons universels. 

Ces deux passages bibliques donnent à la légende d’Hiram une certaine assise permettant de construire une histoire tant soit peu crédible. L\'histoire d\'Hiram, l\'artisan, s\'arrête là. Dans la mythologie grecque, il pourrait évoquer Héphaïstos, lui aussi fabricant de l\'outil divin.

Mais venons en au meurtre d’Hiram, devenu contremaître ou encore architecte en chef et conducteur des travaux au Temple de Salomon. Il est en tout cas responsable des ouvriers et de leur travail, pour s’y retrouver il avait divisé les ouvriers en trois groupes : les apprentis, les compagnons et les maîtres. Ceci selon leur compétence, la qualité de leur travail ou encore le degré de connaissance, leur aptitude à utiliser les outils pour la taille, la pose, l’intégration de la pierre dans l’édifice… et la connaissance de la géométrie, fort utile à la réalisation d’une telle œuvre que celle du Temple. Afin d’être promu d’une classe à une autre supérieure, Hiram se reposait sur le jugement des autres maîtres, ceux qui apprenaient aux apprentis et guidaient les compagnons, car devant le grand nombre d’ouvriers, il ne pouvait se rendre compte des qualités de chacun. Pour passer d’un niveau à un autre, il fallait connaître les signes et les mots de passe – secrets - qui se donnaient lors de passages initiatiques, sous la surveillance et l’instruction des Maîtres. Pour être payé selon son grade, il fallait se faire connaître par ces codes acquis lors des promotions.

Selon d’autres lectures, il est rapporté par la Tradition que, lors de cette construction, il y aurait eu querelle entre les manoeuvres et les maçons au sujet des salaires. Et pour apaiser tout le monde et obtenir un accord, Hiram aurait dit : « que chacun de vous soit satisfait, car vous serez tous rétribués de la même manière. Et il donna aux maçons un signe que les manoeuvres ne connaissaient pas. Et celui qui pouvait faire ce signe était payé comme les maçons ; les manoeuvres ne le connaissant pas, étaient payés comme auparavant. […] Ainsi le travail se poursuivit et progressa et il ne pouvait guère se mal dérouler, puisqu’ils travaillaient pour un si bon maître, et avaient l’homme le plus sage comme surveillant. Il avait simplement divisé les ouvriers en deux groupes : les manœuvres et les maçons, mais également donné en secret un signe de reconnaissance aux maçons…Et tout secret est un jour percé, surtout s’il s’agit de salaires!  Le « comment faire pour gagner plus » a toujours existé… et la cupidité de l’homme n’a pas d’époque, preuve en est les conflits sociaux d’aujourd’hui.

Mais de fait d’après cette dernière légende, pour finir au plus vite avec la construction du Temple, et pour maintenir une paix du travail, Hiram a escamoté le vrai problème, celui de la franchise. Il aurait dû expliquer le pourquoi de la différence de salaire, et donner une motivation aux manœuvres afin qu’ils se perfectionnent… Donc indirectement il a suscité la convoitise !  L’idée d’arracher le secret à ce « sage surveillant » prendrait alors toute sa « fausse » raison, car basée sur une situation conflictuelle non résolue. 

Alors le récit mythique prend tout son sens : Hiram fut assassiné à la fin des travaux du Temple (vers 1570 avant notre ère) par trois compagnons félons (on parle de Syriens, la notion de mouton noir existait déjà !) et ceci pour avoir refusé de leur donner la parole secrète. Ces trois hommes, postés à une porte différente du Temple, lui réclamèrent, sous la menace, la parole secrète. Hiram répondit qu’il n’était pas possible de l’obtenir ainsi, et qu’il fallait avoir la persévérance d’attendre le moment opportun. Le premier le frappa d\'un coup de règle sur la gorge, le deuxième d\'un coup d\'équerre de fer sur le sein gauche et le dernier l\'acheva d\'un coup de maillet sur le front. Les compagnons enterrèrent le maître sans connaître le secret. La terre fraîchement remuée pouvait être la marque de l’emplacement du corps enterré, aussi pour donner un sens à cette terre fraîchement remuée, ils plantèrent une branche d\'acacia sur le petit monticule ainsi formé.

Salomon enverra des FF.’. M.’. , 3 puis 5 puis 7 et enfin 9 – par groupe de 3- à la recherche d’Hiram. 9 est le chiffre de la perfection, il est parfait et signifie aussi réincarnation, résurrection…Nous nous saluons par 3 fois 3, ce qui rappelle les 3 groupes qui retrouvèrent la branche d’acacia et en l’arrachant retrouvèrent le corps d’Hiram.

Ce chiffre 9 se retrouve aussi dans le cycle de Déméter qui cherche sa fille Perséphone pendant 9 mois… temps aussi de la gestation humaine.

La lecture allégorique du mythe montre qu\'Hiram perd sa vie physique (la gorge - la voie, le guide), sa vie sentimentale (le cœur - amour) et sa vie spirituelle (le front - esprit, âme), à cause de l\'Ignorance, de l\'Hypocrisie et de l\'Envie que figurent ses assassins. Mais il renaîtra (acacia) grâce à ses qualités antithétiques : le Savoir, la Tolérance et le Détachement. La résurrection repose sur le mystère de la nature, revivre après la mort, en nourrissant la future plante… Prenons exemple sur le grain de blé… ou toute autre graine qui meure et qui se multiplie en mourrant, après la putréfaction la vie ressurgit, plus forte. C’est le mythe de Déméter (dans les mystères d’Eleusis), c’est la victoire sur la mort ! C’est d’après Pythagore, la réincarnation après la purification : l’âme passe dans le corps du récipiendaire. Mais c’est aussi cultiver la spiritualité de l’Homme. Isis, femme-sœur d’Osiris, reconstitue Osiris (elle rassemble ce qui est épars), ceci afin non pas qu’il reprenne vie lui-même sur terre, mais pour qu’il règne au ciel, pour que son exemple d’expiation des péchés de son frère ne soit perdu à jamais. C’est dans la connaissance du drame que l’être humain va s’améliorer. Cependant Osiris, la veuve, donne vie à Horus pour venger Osiris. Ce thème de la vengeance, notamment du meurtre d’Hiram est repris dans la F.’.M.’. de perfectionnement.

Rappelons-nous encore que l’arche d’alliance était constituée de bois d’acacia plaqué d’or, que la couronne du Christ était tressée d’épines d’acacia. Ce bois presque imputrescible est un symbole solaire, notamment par sa fleur , couleur de lait et de sang, et un symbole d’immortalité. Gérard de Nerval, dans le « voyage en Orient » évoque la mort d’Hiram et sa résurrection en ces termes : «  il faut savoir mourir pour naître à l’immortalité ». R. Guénon, quant à lui, souligne que les rayons de la couronne d’épines sont ceux du soleil. Découlant de ces qualités, l’acacia prend aussi valeur d’attribut à l’initiation et à la connaissance des choses secrètes. On retrouve ces symboles aussi dans des légendes africaines et indiennes (p.e., louche sacrificielle de Brahma). Virgile, dans l’Enéide, fait prendre à Enée, qui dans sa descente aux Enfers, à la recherche son père Anchise, lui fait prendre un rameau d’or. Il retrouvera également le corps de Polydor (fils de Priam) grâce à un rameau arraché à un buisson.

Dans les cérémonies maçonniques, le récipiendaire au titre de Maître s\'identifie à Hiram : il doit d\'abord « mourir » pour renaître, investi des qualités du Maître. Le « secret » n\'est que devenir intérieur, transformation spirituelle dans un processus d\'individuation. En ce sens, il est incommunicable.

Hiram revit dans l’autre ! Sommes-nous le fruit de génération d’étrangers à nous-même…Dans le fond seules quelques générations précédentes semblent nous avoir céder une partie de leurs traits, les autres bien loin de nous nous paraissent étrangères. Le moule n’était pas unique, nous avons reçu la connaissance par d’autres lignées que les seules héréditaires !

Hiram revit dans l’autre ! Il a franchi l’Hadès, il réintègre non pas la région astrale – où il demeure – mais le nouveau maître, par la métamorphose et la réincarnation. Le vieil homme meurt, la chair quitte les os (\"Mak Benah \", phase de putréfaction, c’est le solve alchimique), pour laisser la place à l’Homme nouveau, purification achevée. Je citerai notre rituel : « …Réjouissez-vous, mes FF.’., la lumière est revenue. Notre Maître a vu le jour, il renaît plus fort que jamais en la personne de notre frère ». La résurrection est symbolisée par l’élévation du récipiendaire par les cinq points parfaits de la maîtrise tels que ceux utilisés par les trois fils de Noè . Sem, Cham et Japhet s’étaient rendus sur la tombe de leur père pour essayer d’y découvrir quelque chose à son sujet qui les guiderait vers le puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. Ils parvinrent à la tombe et ne trouvèrent rien, sauf le cadavre presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha, et ainsi de jointure en jointure, jusqu’au poignet et au coude. Alors, ils relevèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s’écrièrent : «Père du ciel, aide-nous maintenant, car notre père terrestre ne le peut pas. » Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant qu’en faire. L’un d’eux dit alors : « II y a de la moelle dans ces os » [en anglais Marrow in this Bone, également le M.’.B.’. de Mak Benah]….

Cette mise en pratique des points d’élévation au 3ème degré procède d’un sens profond et caché – tel que dans la légende d’Isis et d’Osiris - : c’est l’exaltation symbolique du rassemblement de ce qui est épars, c’est le coagula alchimique. C’est l’union qui fait rebondir et reprendre force. Union symbolique de la connaissance de soi, d’utiliser toutes nos facultés et de les mettre au service de l’humanité. Ainsi c’est dans le « connais-toi, toi-même » de Socrate que le nouveau maître doit chercher dans une démarche libératoire progressive, son appartenance cosmique. Pour cela, à nous trouver la pierre cachée au fond de soi (le VITRIOL du cabinet de réflexion). Elle est la conclusion, la récompense et la finalité d’un effort dont l’efficacité est rendue possible par le travail.

La parole perdue, que l’on cherchera dans les grades de perfection, ne peut effectivement être retrouvée qu’en suivant un itinéraire particulier, celui de l’effort et de la pugnacité. Ceci est comparable au voyage de Gilgamesh qui cherche la plante qui donnera l’immortalité aux hommes. La réalisation du Grand Œuvre est au bout du chemin, convergence de nos itinéraires maçonniques, focale de nos objectifs.

Il y a rupture avec les deux autres grades de Loge Bleue, d’ailleurs le degré de Maître a été rajouté deux à 5 ans après les constitutions d’Anderson – soit en 1725 ou plutôt en 1738 comme le révèlent beaucoup de références britanniques.  Et cela même si nous trouvons déjà lors du rituel d’initiation : « …et que meure le vieil homme ». Ainsi, la Franc-Maçonnerie reconnaît en Hiram un Maître fondateur. D\'autre part, aujourd\'hui encore, les deux colonnes du temple maçonnique ont pour modèles les réalisations supposées d\'Hiram pour le Temple de Salomon qui devaient s\'inspirer elles-mêmes des deux obélisques précédant l\'entrée des Temples de l\'Égypte antique. (retour peut-être à la 2ème légende biblique).

Ce récit, en raccourci, nous permet de constater non seulement la cupidité des trois compagnons, mais également leur stupidité, comment arracher un secret en frappant de la sorte ? On se rend bien compte que ceux-ci ne pouvaient pas accéder au grade de Maître. Ils n’avaient ni la réflexion, ni la mesure de leurs gestes… Cependant, à leur décharge, ce meurtre n’était sans doute pas prémédité. C’était un accident ! Comme quoi la bêtise, l’ignorance, le mensonge et l’ambition  peuvent faire aboutir à un acte irresponsable dont l’issue peut être fatale et irréversible. Mais les légendes sont faites pour nous faire rêver et changer le cours de l’histoire, en nous amenant, grâce aux valeurs morales qu’elles préconisent, et par des rebondissements à une fin plus honorable, désirée autant par le coeur et par l’esprit.

Le survol des cultes montre l’impact des anciennes légendes mythiques dans la transmission de la tradition, et sûrement de la connaissance. La F.’.M.’. est devenue un refuge de la spiritualité dans sa complexité – alliant connaissance, intuition, passages initiatiques - . Et en cela elle est en devenue un véhicule privilégié dans l’essaimage des valeurs.

Ce qui est étrange et magnifique à la fois, c’est que toutes ces légendes reposant sur la tradition semblent converger vers un message unique et universel : la vie doit continuer coûte que coûte ! Que cette pensée soit abstraite, ou même inconsciente, il n’en demeure pas moins qu’elle nous guide ! Si la vie est une pensée, alors que celle-ci est opiniâtre!

Notre vie si éphémère qu’elle soit, mérite de la vivre dans le respect de ce qu’elle est, il faut comme le disait Baudelaire : « Tirer l’éternel du provisoire »

P.J. P

F.·. O.·.

Gimel 22.11.2007

  

Tenue au I, Mise en place du Collège

8 mars 2007

Vénérable Maître en Chaire, Officiers qui décorez l’Orient, et vous tous mes T.·. C.·. F.·.

La FM au quotidien dans les difficultés économiques,

ou comment vivre sa FM ?

 

Thème d’étude (26.10.2006) de la T.·. R .·. L.·. La Constance à l’O.·. d’Aubonne

 

En dehors du Temple, ou de la Loge, le FM.’. est un homme comme tout le monde, qu’est-ce qui le différencie ? Il est un acteur social, économique, il est un citoyen plus ou moins actif, il participe à la vie de la cité, par ses devoirs civiques, peut-être aussi par ses activités sociopolitiques...Mais surtout dans toutes ces activités, il utilise le code moral, il doit appliquer – même difficilement- les valeurs acquises au Temple. Le code maçonnique est sa « bible », sa référence ! 

Il s’inscrit dans le progrès, si celui-ci lui semble bénéfique à l’ensemble des concitoyens. Il doit maintenir son esprit critique et affûter ses arguments, comme il a appris en réalisant une planche, en travaillant la thèse, l’anti-thèse et en analysant celles-ci pour converger vers une synthèse. Dans ses efforts verbaux, il doit se montrer « mesuré » et s’appliquer à être entendu et compris! 

Les progrès sociaux qui sont apparus, surtout depuis la dernière guerre mondiale, étaient sans doute nécessaires. Ils ont permis une meilleure répartition des biens acquis surtout du travail. Cette redistribution s’est accélérée, accompagnée d’effets pervers. D’abord par la pression syndicale, les acquis ne peuvent pas être remis en cause, alors que certains domaines d’activités arrivent malheureusement à terme et qu’il aurait fallu orienter l’entreprise différemment, la rigidité syndicale a quelquefois bloqué le gouvernail. Symbole de progrès social, la lutte ouvrière est devenue un autre dictat…peut-être que l’écologie, dans les cas extrêmes, le devient aussi ! 

Devant cet excès de contre-pouvoir (dû à la pression excessive), les entreprises, par le fait de la globalisation, qu’on le veuille ou non, et de la recherche de marchés plus performants, plus souples et plus ouverts se dirigent vers des pays aux lois moins contraignantes, et surtout vers des pays qui sont consommateurs, où la consommation n’a pas encore atteint les mêmes niveaux que dans nos pays industriels occidentaux. Comment redonner une valeur humaine à ce que nous entreprenons ! 

Par la création d’emplois, par la potentialité à fabriquer,... enfin ces pays en produisant peuvent aussi s’équiper des biens qui sont en rapport avec leurs coûts locaux,...et non de nos coûts ! Dans quelque temps, que pourra-t-on, nous, produire, tous biens confondus, pour être capables de commercer dans l’avenir. L’économie qui nous avait rendus riches, va se retourner contre nous... et les vases communicants qui existent aussi en économie, ramènera un certain équilibre, mais disposerons-nous de la même facilité à produire ces biens ??? Je pense ici aux matières premières, à la façon de les transformer, aux nouvelles normes qui permettront de protéger davantage l’environnement,.... 

Seuls domaines dans lesquels nous excellons encore pour quelques années, les domaines de technologie de pointe... mais pour combien de temps, des pays comme la Chine et l’Inde se sont dotés de technologies spatiales, de télécommunications...Pour les biens courants, leur population offre toute la flexibilité et l’élasticité possible...Par chance, ces deux pays qui représentent environ le tiers de la population mondiale ne sont pas spécialement belliqueux !

Alors comment réagir ? Comment trouver des zones communes entre les nations et les peuples ?

Par le travail qui est le fruit des efforts de l’Homme, par Etre et non par l’Avoir ou le paraître qui nous ont joués des mauvais tours. C’est peut-être là la nouvelle rencontre avec les « Lumières ». Le siècle des lumières nous avait donné le spin pour transformer le monde, le rendre moins inégal. Mais les rouages économiques nous ont ramenés vers ces nouveaux déséquilibres. Bien sûr, moins dans nos pays, mais au point de vue de la planète, il y a des différences criardes! Il y beaucoup d’êtres humains qui ne peuvent pas se pencher vers leur  « Temple Intérieur », c’est du luxe... Et à nous, il ne restera peut-être que ce luxe-là... mais alors il faut dès maintenant amener chacun vers cette culture ! Il y aura toujours des inégalités, car il y aura toujours des mieux nés.....Sinon nous serons tous des alphas, bétas ou  autres citoyens du « meilleur des mondes ». 

Le FM.’. devra faire marque de la valeur du travail, de l’abnégation et de la pugnacité ... « Vingt fois remettre sur le métier son ouvrage »  disait Boileau !... C’est par ce genre de démonstration du métier, que l’exemple peut être donné, par tous, mais plus spécialement par le FM.’. qui a appris, en plus de son métier civil , dans sa vie de profane, à ne pas se contenter d’un ouvrage mal fait ou non terminé. Il a appris la valeur de l’effort et du poli ! Chaque chose qu’il touche, fait partie de lui et dès qu’il la façonne, elle devient le reflet de son âme. 

Mettre en avant les droits et les devoirs de chacun, le droit à la liberté, le devoir de tolérance pour mieux se respecter les uns les autres pour mieux s’accepter. Mais tout cela demande d’aimer, aimer l’Homme, mettre l’Espérance au service de l’humanité dans l’espoir de voir une amélioration du fonctionnement de l’Homme. Porter la connaissance, là ou le savoir n’est qu’une ombre. La connaissance est à l’essence de la liberté. Connaître, c’est donner un sens à sa vie, c’est aussi le début de la maîtrise de soi, c’est maîtriser son destin ! C’est dans le partage des choses et des idées que nous trouverons la force de faire ensemble le chemin terrestre ! 

Serions-nous les Jésuites d’aujourd’hui pour ouvrir des écoles dans le monde ? pour amener la bonne parole ! Nous ne faisons pas de prosélytisme, nous ne détenons peut-être pas la vérité ! alors comment dans cette grande bousculade faire entendre notre voix ? Comment par notre comportement améliorer la société et ceci par notre « discrétion » ? 

En montrant des exemples de réalisations concrètes, nous en connaissons tous. Alors les idées d’applications des « Lumières » trouveront à nouveau leur place. Devant les instabilités croissantes et peu gérables rencontrées dans la société, sommes - nous les ventres mous ? 

En multipliant les démonstrations par l’application de notre code maçonnique, en parlant franc et avec maîtrise , aidons à changer les mentalités, à suggérer des changements par des propositions intelligentes, pragmatiques, bonnes, belles et pour le bien de tous ! Soyons à l’écoute de nos proches, de nos amis, de ceux qui lancent des appels... et qu’il nous faudra bien écouter un jour. Sommes nous prêts de laisser tomber cette volonté de croissance galopante... volonté qui nous dépasse, celle qui fait du chiffre, qui lamine les gens, qui tue la bienveillance - l’amour même - que l’on porte aux autres. Mais l’Homme est un loup pour l’Homme ! C’est ce cycle-là, pourtant qu’il faudrait rompre ! Bien des évangélistes nous ont précédés, et leurs prêches qui reposaient peut-être sur des dogmes, mais qui étaient quand même porteurs de messages de fraternité et de tolérance (c’était plus facile à donner que l’égalité et la liberté), n’ont pas amélioré à long terme les peuples ! 

Alors revenons peut-être à des états, des entreprises, à tailles humaines... mais c’est là encore un vœux pieux ! La spirale nous amène dans l’autre sens, ... comme l’univers, l’Homme, à son image, est inflationniste, il ne fait aujourd’hui que de l’expansion ! L’homme subit trop les tentations sociétales, s’il continue, il ne sera que l’objet de la consommation. A cela, il doit réagir. Il ne doit pas se laisser aller au seul plaisir – si cela est- que de consommer. Tout est fait aujourd’hui, pour supporter le système économique et la spirale d’abrutissement, pour rendre l’Homme dépendant de la drogue »consommation ». Il devient dépendant, addict et par là dépressif, anxieux, apathique, schizo?…Comment le sevrer de cette frénésie ? Alors où trouver son équilibre ? 

Intégrons les symboles maçonniques au quotidien ! Mais pensons aussi que les symboles maçonniques nous intègrent donc ensemble en une loge maçonnique harmonieuse. Mes FF.’., en ce jour de renouvellement du collège… avec quelques petites modifications. Formons ensemble une loge harmonieuse. Et apportons la lumière à l’extérieur du Temple ! 

J’ai dit Vénérable Maître, 

Le F.·.O.·. PJP